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AIRBUS CHOISIT GOOGLE SUITE, UN CHOIX QUI POSE PROBLEME !

Le 14 mars, Tom Enders, le patron du groupe Airbus a annoncé à l’ensemble des salariés du Groupe la décision de déployer à partir d’avril et pendant 18 mois, dans le cadre de la transformation digitale du Groupe, la solution Google Suite en remplacement des outils Microsoft (Outlook, Word, Excel, PowerPoint, Access, Sharepoint, etc.)

Cette annonce n’a pas manqué de susciter des réactions parmi les salariés. Elle a pris au dépourvu les représentants du personnel, qui n’avaient pas été informés de ce choix « stratégique » pour l’entreprise et encore moins associés à cette décision qui va « transformer nos modes de travail ».

À ce jour, pour la CFDT, de très nombreuses questions se posent, auxquelles nous souhaitons que la Direction apporte des réponses claires et précises :

Quels éléments ont conduit la Direction à choisir la « solution Cloud » de Google plutôt que celle de Microsoft (Office365) ?

Quelles garanties la Direction a-t-elle obtenues de Google sur la sécurité des données de la société (RH, Finance, Stratégie, R&T, etc.), des données de nos partenaires et des données privées des salariés ? Où ces données seront-elles stockées ?

Au-delà de ces questions techniques, nous avons un certain nombre de préoccupations d’ordre éthique et stratégique :

  • Quelle confiance pouvons-nous avoir dans une entreprise comme Google, condamnée en 2017 à une amende record de 2,42 milliards d’€ par la Commission européenne pour abus de position dominante ?
  • Est-il éthique de contracter avec un groupe qui joue ostensiblement avec les règlementations pour éviter de contribuer à l’impôt sur les sociétés à la hauteur de ses activités commerciales en Europe ?
  • Quel est l’intérêt pour Google, dont la quasi-totalité du chiffre d’affaires est issue de la publicité en ligne, de percer sur le marché des grands comptes industriels comme Airbus ? N’y a-t-il pas un risque de confier l’ensemble de nos données industrielles à une entreprise qui ambitionne de développer des services aux frontières de notre portefeuille de produits : véhicules autonomes, cartographie du globe, accès global à internet, etc. ?
  • Quelles garanties avons-nous que Google ne serait pas contraint de céder, dans le cadre du « Patriot Act », nos données stratégiques (techniques, commerciales…) s’il recevait une injonction du Gouvernement américain ?
  • Rappelons au passage que Google a également été sanctionné par la CNIL pour sa politique de confidentialité des données jugée non conforme à la loi informatique et libertés.

L’enjeu pour le Groupe ne doit pas être sous-estimé et nous attendons avec impatience les explications de ce choix que Tom Enders qualifie de « stratégique ». Un partenariat industriel serait-il envisagé avec Google ?

Au-delà de la « technologie cloud » Google ou Microsoft qui s’impose dans nos entreprises, la CFDT regrette l’absence d’une solution européenne face aux géants américains avec toute la problématique de protection des données que cela peut poser.