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Avis sur l’avancement du PSE

Déclaration au Comité d’Entreprise du 12 décembre 2017

Le Comité d’Entreprise est consulté ce jour sur l’avancement du plan de sauvegarde de l’emploi mis en œuvre dans le cadre du projet GEMINI.

Les représentants CFDT rappellent à cette occasion leur opposition de principe au projet GEMINI et dénoncent ses conséquences : fermeture du site de Suresnes, démantèlement de la recherche, perte d’expertises dans de nombreux métiers…. Ce plan de restructuration n’est aucunement justifié par la situation économique et industrielle du Groupe AIRBUS et la violence de ses conséquences humaines et sociales n’est pas acceptable.

Lors de l’avis sur les projets d’accord collectif partiel relatif aux mesures sociales d’accompagnement, la CFDT avait considéré que :

  • malgré quelques déséquilibres dépendant des différentes situations individuelles, ces mesures étaient en général adaptées pour la situation des salariés sur le bassin d’emploi toulousain,
  • les mesures proposées demeuraient insuffisantes pour nombre de situations des salariés du site de Suresnes dont la fermeture est programmée le 30 juin 2018.

Avancement
A fin novembre, 378 postes sur un objectif de 546 ont été supprimés et 109 relocalisations sur 184 ont été traitées, ce qui correspond à des avancements respectifs de 69% et 60% après 5 mois de mise en œuvre du plan. A première vue, cet avancement peut paraitre satisfaisant.

Nous constatons cependant une situation différenciée entre les sites de Toulouse et Suresnes, en termes de pourcentage d’atteinte et de dynamique. Le pourcentage d’atteinte des objectifs de suppression de postes est ainsi inférieur de 11 points à Suresnes (63%) par rapport à Toulouse (74%). De même, les candidats au départ à Toulouse ne font en général pas défaut, alors que la situation devient chaque mois plus complexe à Suresnes.

Problèmes relatifs au double volontariat

Dans certaines fonctions à Toulouse, des managers abusent du principe de double volontariat et s’opposent au départ en mobilité ou en mesure d’âge de salariés volontaires en mettant en avant des justifications non avérées. Il semble que les managers cherchent ainsi à préserver leurs effectifs et préfèrent que les postes rattachés à des catégories professionnelles transverses soient supprimés dans un service autre que le leur. Cette pratique entraine une frustration des salariés qui espéraient partir dans les conditions du PSE et augmente le risque de licenciement à l’issue du PSE si les objectifs ne sont pas atteints. Nous dénonçons ces pratiques et demandons à la direction, via les HRBP, de faire respecter les termes de l’accord.

Inquiétude pour Suresnes

A fin Novembre, il reste 165 salariés de l’établissement de Suresnes pour lesquels aucune solution n’est encore validée. Malgré les efforts déployés par les Ressources Humaines, et les actions spécifiques menées sur le site, la CFDT redoute fortement que le nombre de salariés restant sans solution soit proche de la centaine à l’échéance du 30 Juin 2018.

La CFDT rappelle à la Direction qu’elle s’était engagée devant le Comité Européen du Groupe et lors de la rencontre entre Tom ENDERS et les Organisations Syndicales, à tout mettre en œuvre afin d’éviter des licenciements secs.

De nouvelles mesures sociales seront sans aucun doute nécessaires pour tenir cet engagement.

Relocalisations

Le nombre de solutions trouvées pour les salariés dont le poste est relocalisé stagne et n’a pratiquement pas évolué en novembre. Par ailleurs, le pourcentage de salariés acceptant leur relocalisation est relativement faible (environ 38% des cas résolus).

Il semble que des salariés n’aient toujours pas pris de décision et soient en attente de réponses à leurs questions, en particulier sur les conditions de mise en œuvre du « commuting » et du télétravail. Nous demandons à la Direction d’apporter rapidement toutes les réponses à leurs questions.

Enfin, la direction communique à Suresnes sur une date butoir au 1er mars pour accepter de suivre ou non son poste. Cette échéance est contraire aux termes de l’accord qui stipule que « la confirmation de la prise de poste et l’engagement de rester au moins 1 an sur son nouveau poste devront intervenir au plus tard au 30/06/2018 ».

Nous demandons en conséquence à la direction de respecter les conditions de l’accord et de permettre aux salariés de se positionner jusqu’à l’échéance du plan.

Automatisation

Dans certaines fonctions, au premier rang desquelles FAS et AGPS, le déroulement du plan se heurte à la mise en place difficile de l’automatisation des processus. La CFDT avait demandé qu’une présentation des projets d’automatisation soit inscrite à l’ordre du jour de ce CE. Cette information aurait d’ailleurs dû nous être présentée lors de la procédure sociale au 1er semestre 2017.

Une réflexion est apparemment toujours en cours pour identifier les postes pouvant être supprimés. La CFDT s’étonne que cette tâche n’ait pas été réalisée au moment de quantifier l’impact de l’automatisation sur les effectifs lors de la définition du projet.

A ce jour, nous faisons le constat de l’impossibilité pour les élus du CE d’avoir une visibilité sur le déroulement réel de ces projets d’automatisation, ou de juger de la capacité des fonctions à mettre en place ces outils d’ici la fin du plan. Pourtant, les postes des salariés impactés restent aujourd’hui menacés, induisant un niveau important de stress.

La CFDT demande à ce que les objectifs du plan soient revus en tenant compte de la charge de travail paradoxalement élevée dans ces fonctions.

Pour l’ensemble de ces considérations, les élus CFDT demandent l’application courant mars de la clause de rendez-vous prévue dans l’accord sur les mesures sociales d’accompagnement de GEMINI, et s’abstiendront lors du vote sur l’avancement du plan de sauvegarde de l’emploi.