// Actualités //

Décarbonisation

Les transports représentaient 15% des émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2014, dont environ 2% pour le transport aérien. Ce qui peut sembler peu. 
Pourtant, pour tenir le scénario des +2°C il faudra réduire de 5% les émissions globales de CO2 à partir de 2018. Chaque contributeur doit donc entamer une trajectoire de décroissance de ses émissions.


Avec l’augmentation annoncée de la flotte mondiale (Global Market Forecast 2017: plus de 30 000 nouveaux avions à livrer d’ici 2035 et doublement du trafic aérien mondial), il n’est pas certain que les mécanismes d’offset* suffisent à atteindre les objectifs que s’est fixée l’industrie aéronautique en 2009 et en particulier réduire par deux les émissions de CO2 en 2050, comparées à leur niveau de 2005. L’industrie aéronautique et les compagnies aériennes auraient alors à faire face à des mesures plus contraignantes. Ceci est d’autant plus vrai que selon des études récentes, citées par le Monde du 12 mai, les traînées de condensation accentueraient « le réchauffement climatique de façon importante – probablement davantage que le carburant brûlé pour faire voler les appareils ».


Cet effet pourrait être réduit en adaptant les trajectoires des avions vers des zones de l’atmosphère plus froides et plus sèches, mais potentiellement au détriment du temps de parcours, et in fine de la consommation de carburant.
Adopter des carburants émettant moins de particules pourrait également être une piste.
Et même si le renouvellement de la flotte mondiale, avec des appareils plus performants et « eco efficients »* tels que l’A350, l’A320NEO, A330NEO permettra de réduire significativement les émissions de CO2, c’est la quantité accumulée dans l’atmosphère qui nous contraindra à réduire encore plus significativement les émissions futures.


Il est vital pour l’industrie aéronautique et pour Airbus d’anticiper et d’engager des mesures permettant de réduire significativement les émissions de CO2, en l’éliminant à la source, en utilisant des carburants alternatifs et l’énergie électrique. Déplorons une fois de plus que les activités de recherche sur les carburants alternatifs ont été démantelées par GEMINI.


Au niveau local des installations industrielles d’Airbus, les objectifs de Blue 5 de réduire les émissions de CO2, la consommation d’énergie, d’eau, les déchets, les VOC*, ont été atteints 3 ans plus tôt que prévu, c’est bien.
On peut faire plus, la Vision 2030 devrait être annoncée début juin. Rappelons que la CFDT avait soutenu l’initiative d’épargne salariale verte pour des projets d’économie d’énergie de nos sites industriels. Cette initiative est encore en gestation.
Nous aussi, dans les transports maison-travail (vélo, co-voiturage, transports en commun…) nous pouvons y participer. Airbus pourrait également déployer sur Toulouse des initiatives pilotes de «révolution » du transport en ville, qui est un des axes du projet SHIFT*. A quoi bon engager des projets de voitures volantes pour quelques élites dans un futur lointain, lorsque les salariés d’Airbus restent coincés dans leurs voitures faute de réseau adéquat de transports en commun et de connectivité? La révolution du transport routier pourrait représenter 6% des réductions nécessaires pour atteindre l’objectif minimal de l’accord de Paris.


Airbus doit s’engager encore plus dans le plan de transport global de la région, en y associant les salariés et leurs représentants.


* A noter : AIRBUS 7th “SAVING FUEL & EMISSIONS SEMINAR” – 5-7 June 2018
* CORSIA : Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation) September 2016 ICAO 
* VOC : Volatiles Organic Compounds
* SHIFT project : « Décarbonons ! 9 projets pour décarboner l’Europe », Z.Kahraman, A.J.Guérin, J.M.Jancovici