// Actualités //

Et Tom Enders choisit Google Suite…

Le 14 mars, Tom Enders annonçait à l’ensemble des salariés du groupe la décision de déployer, dans le cadre de la transformation digitale du groupe, la solution Google Suite en remplacement des outils Microsoft (Outlook, Word, Excel, Powerpoint, Access, Sharepoint, etc).

Cette annonce, relayée immédiatement dans les médias, n’a pas manqué de susciter des réactions parmi les salariés, en particulier sur le Hub. Elle a également pris au dépourvu les représentants du personnel, qui n’ont pas été informés de ce choix « stratégique » pour l’entreprise, et encore moins associés à cette décision qui va « transformer nos modes de travail ».

Le projet aurait dû faire l’objet d’une consultation des Institutions Représentatives du Personnel avant toute prise de décision !

Après le déploiement chaotique de Pulse, la Direction persiste en imposant un choix d’outil structurant pour le groupe dans l’opacité la plus complète. Si la CFDT reconnait qu’il est indispensable de faire évoluer régulièrement nos outils de travail,  elle juge la méthode retenue inadaptée. Au regard des impacts considérables d’un tel projet, il est nécessaire d’associer, dès les phases d’évaluation et de sélection, des représentants des différents métiers et fonctions. Le choix final doit être fait dans la transparence et sur la base de critères clairs et objectifs, sans agenda caché.

N’est-il pas paradoxal d’annoncer une décision unilatérale qui s’impose à tous alors même que l’objectif est d’aller « vers une entreprise réellement collaborative » ?

En annonçant sans plus d’explication un déploiement des outils Google dès le mois d’avril et sur une période de seulement 18 mois, on ne peut pas dire que ce projet commence sous les meilleurs auspices…

A ce jour, de très nombreuses questions se posent, auxquelles nous souhaitons que la Direction apporte des réponses claires et précises :

  • Quels éléments ont conduit la Direction à choisir la solution de Google plutôt que celle de Microsoft (Office365, en test dans certaines fonctions) ?
  • Quelles garanties la Direction a-t-elle obtenues de Google sur la sécurité des données de la société (RH, Finance, Stratégie, R&T, etc.), des données de nos partenaires et des données privées des salariés ? Où ces données seront-elles stockées ?
  • Comment les nombreux outils métiers développés au moyen des outils Microsoft, au premier lieu desquels Excel et ses macros, seront-ils gérés ? Seront-ils migrés ? A  quelle échéance ? Avec quels budgets ? Avec quel impact sur le business ?
  • Les outils Microsoft pourront-ils continuer à être utilisés ? Pendant combien de temps ?
  • Quelles formations seront déployées ?
  • Les coûts de formation et de migration des outils métiers ont-ils été intégrés de manière objective ?

Au-delà de ces questions techniques, nous avons un certain nombre de préoccupations d’ordre éthique et stratégique :

  • Quelle confiance pouvons-nous avoir dans une entreprise comme Google, condamnée en 2017 à une amende record de 2,42 milliards d’euros par la Commission Européenne pour abus de position dominante ?
  • Est-il éthique de contracter avec un groupe qui joue ostensiblement avec les règlementations pour éviter de contribuer à l’impôt sur les sociétés à la hauteur de ses activités commerciales en Europe ?
  • Quel est l’intérêt pour Google, dont la quasi-totalité du chiffre d’affaire est issue de la publicité en ligne, de percer sur le marché des grands comptes industriels comme Airbus ? N’y a-t-il pas un risque de confier l’ensemble de nos données industrielles à une entreprise qui ambitionne de développer des services aux frontières de notre portefeuille de produits : véhicules autonomes, cartographie du globe, accès global à internet, etc ?
  • Quelles garanties avons-nous que Google ne serait pas contraint de céder nos données stratégiques (techniques, commerciales…) s’il recevait une injonction du gouvernement américain ?
  • Rappelons au passage que Google a également été sanctionné par la CNIL pour sa politique de confidentialité des données jugée non conforme à la loi Informatique et Libertés.

L’enjeu pour le groupe ne doit pas être sous-estimé et nous attendons avec impatience les explications de ce choix que Tom Enders qualifie de «stratégique». Un partenariat industriel serait-il envisagé avec Google ? Un coin du voile va-t-il enfin se lever sur la stratégie du groupe ?

La Direction a finalement décidé de consulter les Institutions Représentatives du Personnel. Les élus doivent mettre à profit cette consultation tardive pour lancer une expertise du projet et analyser ses conséquences pour le Groupe Airbus et ses impacts sur les salariés !